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Zoll

De Michel Genniaux
Mise en scène : Philippe Flahaut

Créé le 21 septembre 2003, Neues Theater (festival « Spielarten », Espelkamp, Allemagne)

Prise dans la tourmente de la Deuxième Guerre Mondiale, une femme tente de passer la frontière pour échapper à l’apocalypse nazie. Sa valise est lourde. La neige du Jura ralentit sa fuite. Dans la nuit, malgré la peur, elle avance. Son ventre fait loi. Lové en spirale dans la chaleur du corps maternel, un enfant rêve que l’heure de sa naissance approche. Encore quelques kilomètres et la dernière porte sera franchie, celle qui mène vers « l’autre côté », le salut, la liberté. Mais peu après le passage de la douane, « Zoll », le piège se referme.

«Zoll », c’est un peu l’histoire de l’auteur. Michel Genniaux est né en 1943 dans l'enceinte du camp de Schaffhausen. Il revit les témoignages de sa mère et revoit les personnages qu’elle lui a décrits alors qu’il était encore dans son ventre. Peu à peu, ces êtres sans identité prennent corps, crient leur différence, envahissent l’espace… Véra, Musika, Olga, Goran, Mushi ou M. Krantz le gardien du camp, ressurgissent de la mémoire de M. X incarnant l’auteur, lui-même à la frontière du vécu et du souvenir…

Au-delà du propos de la pièce, Philippe Flahaut et Michel Genniaux conçoivent "Zoll" comme l’histoire des enfermés et des exclus de toute espèce, dont ces comédiens différents saisissent les vibrations au plus intime.

"L'homme ne veut pas savoir ce qu'il est, c'est au théâtre de le révéler tel qu'il est"
Philippe Flahaut

"De l'autre côté des barbelés, ma mère creusait la terre avec une pierre plate. Un foulard nouait ses cheveux défaits. Sa vieille veste de bure paraissait trop mince pour ce printemps glacial. Les autres détenues s'affairaient à l'élagage des arbres abattus. Elles faisaient diversion. Ma mère s'acharnait sur le sol avec l'application d'une petite fille. Elle essuya la sueur de son front d'un revers de manche. Elle m'aperçut et tendait déjà ses bras vers moi. Un coup de sifflet strident... Une forte poigne me souleva violemment, m'obligeant à lui tourner le dos. L'air sentait la soupe froide, la pisse et la rouille."
Michel Genniaux

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